Une journée dans la Pas-de-Calais- Sous le signe des commémorations

 C’est avec  grand plaisir que j’inaugure cette nouvelle rubrique Une journée à… avec le Mémorial 14-18 Notre Dame de Lorette. Trois sites en un, le Cercle de la mémoire,  la nécropole de Notre Dame-de-Lorette et le Centre d’Histoire. A quelques kilomètres se trouve un autre site de mémoire, le Mémorial Canadien de Vimy.
Cette journée n’était pas programmée et a été décidée sur un coup de tête. C’était à l’occasion des commémorations du centenaire de l’armistice de la grande guerre. Venir pour ce 11 novembre en ces lieux avait pour nous beaucoup sens. C’était également l’occasion d’aller saluer une dernière fois les petits soldats de laine avant qu’ils quittent le mémorial et retrouvent un foyer, leur foyer. Bébé Tom qui est né en 2018 était du voyage.

Départ en voiture de Paris vers 8h30. Sur la route je me connecte pour voir des images des différentes cérémonies organisées dans le monde. Il y en a visiblement que pour les commémorations organisées sur les Champs Elysées et ça me saoule. Je préfère finalement me connecter sur le site de l‘OT de Lens. Tiens le panneau  Compiègne! Le voir nous donne bien envie d’aller un jour visiter le musée de l’armistice.

Un peu plus de deux heures après avoir quitté Paris nous sommes dans les Hauts de France. Au loin se profilent les Terrils. Nous nous dirigeons directement vers le Centre d’histoire du Mémorial 14-18 pour respecter notre promesse faite à Bébé Tom. Lui présenter les petits soldats de laine de la Wool War One.
Première chose frappante, ces champs de désolation, des tombes à perte de vue.

. Cimetière allemand.

Alors que nous approchons du Centre d’Histoire, nous entendons les cloches des églises sonner (la fin des combats). L’accueil de ce centre est toujours aussi chaleureux et sympathique. On nous laisse entrer sans problème avec la poussette. Ce n’est pas le cas dans tous les musées.

Tom, nous te présentons les petits soldats de laine.

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Quel bébé attentif.

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« Tom, pour voir les petits soldats, il faut bien regarder en bas ». Et il regarde en bas.

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Sache Bébé Tom, que jamais nous ne te mentirons.

D’ordinaire je ne suis pas très à l’aise avec l’idée du devoir de mémoire. Certainement le mot devoir qui me gêne. J’estime que chacun est libre de commémorer ou pas, de rendre hommage ou au contraire d’aller jusqu’au bout de sa réflexion de Fuck la guerre! Et refuser toutes participations à ce genre d’événements. En visitant ce mémorial sur ces terres meurtries, personne ne peut être indifférent, chacun avec bien entendu sa propre sensibilité. Ces pauvres gars partis à la boucherie méritent un hommage éternel. Emmener Bébé Tom né cent après la fin du conflit avait quelque chose de symbolique.

Notre visite s’est poursuivie vers la nécropole de Notre de Dame de Lorette. Où nous avons naïvement pensé trouver une table à l’Estaminet de Lorette sans avoir au préalable réservé. Grave erreur, en ce jour de commémorations le restaurant affichait complet. Ils ont cependant accepté de nous réchauffer le repas de Bébé Tom. Ce que je retiens de mes quelques minutes passées au comptoir en attendant ma purée de carottes, c’est le sourire de toute une équipe en plein rush et la vue sur les bonnes pâtisseries maison qui ne demandaient qu’à être dégustées. Et en plus ça sentait bon.
Tom rassasié, nous voilà face à la colline Notre-Dame-de-Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire, les 42 000 soldats français morts pendant la Première Guerre Mondiale sur le front de l’Artois et des Flandres françaises et belges ont enfin trouvé la paix sur le lieu même des combats. Cette terre qui a tant souffert est devenue le plus grand cimetière militaire de France. Jeunes et moins jeunes s’y rendent avec beaucoup d’humilité. Comme ce Poilu qui vient chaque année s’y recueillir rendant ainsi hommage à son grand oncle mort au combat. L’entendre parler et évoquer son oncle avec une certaine tendresse nous a beaucoup émus.

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Chaque soldat identifié a, son nom et prénom, unité, grade et date de décès gravés sur sa tombe.

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L’Anneau de la mémoire

Face à la nécropole se dresse « une ronde » . L’Anneau de la Mémoire, un mémorial international qui rassemble les noms de 580.000 soldats morts au combat sur le territoire du Nord Pas-de-Calais. . S’étend alors devant nous une liste impressionnante et sans fin.

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Classée par ordre alphabétique uniquement, cette liste de noms se veut sans distinction de nationalité, de grade, de genre ou de religion. En ces lieux marqués par les conflits les plus sanglants de la Première Guerre mondiale il n’y a pas d’ennemis.

On se surprend à chercher le nôtre ou celui d’un ami. J’y ai trouvé mon nom de jeune fille.

Kahn, tu portes mon nom de jeune fille, qui es tu ?

Lors de notre blog trip à Lens en octobre j’ai été frappée par ce monument d’une grande sobriété.

Le Mémorial Canadien de Vimy

.« A LA VAILLANCE DE SES FILS PENDANT LA GRANDE GUERRE, ET EN MÉMOIRE DE SES SOIXANTE MILLE MORTS, LE PEUPLE CANADIEN A ÉLEVÉ CE MONUMENT. »

En terre canadienne sans quitter le Pas de-Calais. Ce monument qui surplombe la plaine de Lens est chargé de symboles.

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L’armée française peine à reconquérir la crête de Vimy alors aux mains des Allemands. C’est en avril 1917 après une préparation minutieuse et draconienne que les troupes canadiennes commandées par le général Julian Byng donnent l’assaut et récupère la crête de Vimy. Les pertes sont lourdes dans les deux camps. Ce monument signé Seymour Allward est érigé en hommage aux Byng Boys 66000 Canadiens dont les noms sont gravés à même la pierre. Une partie de cette terre est cédée au Canada en signe de reconnaissance. Une terre qui porte encore les cicatrices laissées par les obus et les mines. Cette bataille marquera un tournant majeur dans l’histoire de ce pays. C’est en effet ici qu’est né la nation canadienne.

Le Canada en deuil et au loin les Terrils
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Tout est aujourd’hui si paisible.

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Une journée bien remplie entre admiration et émotion. Une journée courte mais intense.

Lens, à bientôt ! Cette fois avec nos grands ados.

 

 

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3 réflexions sur “Une journée dans la Pas-de-Calais- Sous le signe des commémorations

  1. Je sais que tu ne crois pas en Dieu, ni au paradis mais ta démarche d’apport Bébé Tom sur ce lieu de souvenir ou tant d’hommes sont morts c’est le plus bel hommage que tu pouvais rendre à tous ces hommes pour que nous puissions être libre De la haut ils ont dû bénir cet instant de tout leur amour

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ma Chacha ton commentaire me touche énormément. Et non, comme tu le sais si bien, je ne crois pas. Je n’y arrive pas. Je crois dans plutôt en l’humain à des gens comme toi comme quelques rares et précieuses personnes que j’ai la chance de connaître.

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      1. Ma réponse est partie trop vite. Mais j’espère que quelques part, quelque choses, je ne sais pas peut être une forme d’énergie nous entoure. En pensant à ces jeunes gars je me disais que voir Tom avec son insouciance et sa petite bouille de bébé en ce lieu c’était peut être un bel hommage à leur faire.

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